Hao, notre coup de cœur

Le 16 novembre 2020, après un bref passage à Tahiti, nous retournons dans l’archipel des Tuamotu. Direction le soleil ! C’est la saison des pluies qui commence ici. Vite fuyons plus au Sud !

La marina de Tahiti

Cap sur Fakarava. 4 jours de navigation sont prévus. Le vent de N-O et d’une intensité de 10-12 nœuds est très variable. C’est fatiguant de jongler avec les voiles. Moi, je suis un peu vaseuse, comme à chaque fois que nous reprenons la mer.  Heureusement que cela passe vite et que Naèl aide beaucoup son papa. Ils essayent le code 0 la journée. Le soir, on fait un peu de moteur et la nuit, c’est le génois et la grand-voile qui prennent le relais.

Finalement, nous coupons la route en 2 et jetons l’ancre à Toau, à l’Ance Amiot plus précisément. Ça fait du bien, nous sommes KO. Il faut se réhabituer aux quarts de nuit, ça « casse » comme on dit !

Nous partons faire du snorkeling. Dans les patates, il y a beaucoup de vie, des poissons multicolores et même des requins à pointes noires, totalement inoffensifs, je vous rassure…

Nous faisons la connaissance de Valentine et Gaston, un couple Paumotu vivant dans leur maison au bord de la plage depuis 20 ans. Durant des années, ils ont servi de la langouste aux voiliers de passage. Ils étaient d’ailleurs renseignés dans les guides nautiques. A présent, ils ne proposent plus de restauration. Cependant, ils nous accueillent et nous renseignent gentiment. Valentine nous parle de sa vie, de sa rencontre ici même avec Catherine Deneuve, venue passer quelques jours sur un big yacht. Très croyante, elle essaie de nous convertir à l’« Eglise Protestante Evangéliste de la Pentecôte », la meilleure selon elle! Elle nous apprend que Jésus va revenir et que ce sera la fin du monde… Pas très optimiste tout ça ! Par sympathie, nous assistons, le lendemain, à une messe donnée par elle-même dans une petite maison-église située dans son jardin. Nous étions 7 (Gaston, Valentine, Sofiène, les enfants et moi) à chanter et à lire des passages du nouveaux testaments. Une sacrée expérience ! 🙂

La religion est très présente dans la vie des polynésiens. Il y a des catholiques, des protestants, des adventistes, des Sanitos, des Mormons et même des témoins de Jehova. Il y a plusieurs belles grandes églises dans chaque village, parfois distantes de seulement 50 mètres.

Quel panorama alléchant!

Gaston va très souvent à la chasse à la langouste. Un restaurant de Tahiti lui en a commandé 150 kg pour les fêtes ! D’ici, nous nous rendons compte de la surpêche de certaines espèces qui finiront par être en voie d’extinction si nous ne changeant pas tous nos habitudes alimentaires…En effet il faut 5 ans pour avoir une langouste adulte.

Il construit aussi son propre bateau!

Gaston et Valentine ont apprivoisé une frégate qu’ils ont nommé Momo.

 

 

 

Mais que fait une cabine téléphonique dans leur jardin???

That is the question!

Pour pêcher, nous avons capturé quelques Bernard l’Ermite mais comme personne n’a eu le cœur de leur couper la queue, nous les avons relâchés avec un petit souvenir  sur le dos!

Les abeilles sont sorties de la ruche devenue trop petite et trop chaude.

Rencontre avec le plus grand catamaran au monde, l’Hémisphère. Il doit faire au moins 100 pieds. C’est-à-dire plus de 2 fois le nôtre. Il est suivi en permanence d’une vedette, qui a elle-même son annexe!

On se sent tout petit.

Nos ateliers bricolage continuent… Il faut toujours avoir de nouvelles idées! Parfois, un simple rouleau de papier toilette les occupent pendant des heures!

Sofiène, lui, préfère les occuper avec des jeux de société. C’est l’avantage d’être complémentaire!

Et toujours l‘école tous les matins…

Naèl est devenu le roi des Origami. Tous les animaux de la création y passe! on ne sait plus où les mettre!

25 novembre. Nous nous levons à 4h30 et nous quittons Toau vers 5h30. Naèl se lève pour nous aider pendant que les 2 petits terminent leur nuit. Il est responsable de la remontée de l’ancre. Il doit veiller à ce que la chaine se place correctement dans le coffre de rangement. Moi, j’indique à Sofiène qui est aux commandes, la direction à prendre pour remonter la chaine sans tension et je récupère au passage les bouées qui y sont accrochées. Celles-ci ont pour mission de décoller la chaine du fond pour qu’elle ne s’enroule pas langoureusement autour d’un corail ce qui abimerait les fonds marins en plus de bloquer la chaine. Naèl vient m’épauler. D’habitude, c’est Ilian qui m’aide à les remonter à bord car ce n’est pas évident de les faire passer par-dessus la filière à partir de la position couchée, à plat ventre sur le filet devant. Après 1,5 an sur la mer, nous sommes bien rodés. Chacun sait ce qu’il a à faire, les manœuvres sont devenues des routines.

Notre grand garçon a gagné en maturité. Les océans l’ont transformé, sculpté. Il a gagné en confiance, est mieux dans ses baskets. Enfin… dans ses tongs ! Il est devenu plus câlin, attentionné. Il sait mieux ce qu’il veut et exprimer ses sentiments. Chaque jour, il remplit son journal de bord consciencieusement C’est important pour lui de ne pas oublier tous ces moments magiques passés ensemble.

Arrivée à Fakarava Nord.

Ici, au restaurant Elda, tous les plats sont à base de poissons. On se lèche les babines!

Après quelques jours, ne descendons au Sud du lagon. 5 heures de nav tranquilou. Nous arrivons à Hirifa en face d’une pension de famille actuellement fermée, comme toutes les pensions en ce moment en raison de la situation Covid.

Les propriétaires sont partis quelques jours et ils ont donné la mission à un couple de plaisancier d’ouvrir quelques noix de coco quotidiennement durant leur absence pour nourrir leurs animaux…

Le 6 décembre, Saint Nicolas a fait un détour pour déposer des cadeaux

Le 12 décembre, nous reprenons la mer. Un couple de navigateurs croisé à Tahiti, naviguant sur « Poussé par le Vent », un bateau dont vous pouvez suivre les aventures sur YouTube, nous a parlé d’un endroit sympa à faire aux Tuamotu. Il s’appelle HAO. Ce n’est pas une destination très connue des navigateurs, seuls quelques curieux s’y arrêtent, souvent par hasard

C’est parti pour Hao!

Emmenez-moi

Au bout de la terre

Emmenez-moi

Au pays des merveilles

II me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil.

(Charles Aznavour)

Hao

Hao est un grand atoll allongé sur 50 km de long sur 14 km de large, en forme de harpe. Il est situé dans l’archipel des Tuamotu, en plein milieu de l’océan pacifique. Son altitude est de 3 mètres !

                                                              Le décor est planté !

Passons maintenant à son histoire peu commune :

De 1966 à 1996, une base militaire française y était implantée permettant l’hébergement du personnel du Centre d’expérimentation du Pacifique, le CEP.  C’est pendant toutes ces années que des essais nucléaires ont eu lieu sur deux atolls distants de 500 km, à Mururoa et Fangataufa.

En plus des 1000 habitants natifs de Hao, principalement rassemblés au village d’Otepa, près de 3000 militaires y vivaient. Il y avait donc les infrastructures adéquates : logements et bureaux en préfabriqué, cinéma, karting, bars, dessalinisateur d’eau de mer, hôpital, laboratoire, route goudronnée de 20km, un aéroport avec une piste d’atterrissage de 3400m (la plus longue de Polynésie, protégée par une digue et utilisable comme piste de secours pour la navette spatiale américaine), un port en eau profonde. L’alliance entre beauté sauvage et confort. Le paradis?

L’économie de l’île s’en est trouvée toute chamboulée. Tous les locaux travaillaient directement ou indirectement pour l’armée délaissant le coprah, beaucoup moins lucratif… Les militaires entretenaient les routes, les bâtiments, partageaient avec les villageois leurs ressources matérielles mais aussi la nourriture, l’alcool, …

Mais après l’arrêt des essais nucléaires, tous les militaires sont repartis … et ce fut le chaos économique malgré les subventions… Hao est devenue une île sinistrée : chômage, camions, hangars, casernes et bâtiments à l’abandon.

Certains nous disent : « Nous sommes revenu à l’âge de pierre ! » Que pensez, sachant que leurs richesses reposaient sur une catastrophe écologique ? Sans parler de l’évacuation des produits toxiques… Tout le monde pense qu’ils ont été enfouis dans des dalles en béton sous terre ou dans la mer… Jusqu’au jour où

Début 2000, les terrains ont été rendus aux familles avec les infrastructures (bâtiments, routes, ports, réseau d’eau potable …). Les bâtiments, blindés d’amiante et le reste se sont fortement détériorés avec le temps, la population locale ne pouvant les entretenir car ils n’ont ni les connaissances, ni les moyens, ni les matériaux pour le faire.

Et même s’ils démolissent les bâtiments que faire des matériaux, dans ce cas il faudrait évacuer les gravas par bateaux et c’est coûteux !

Finalement, les bâtiments ont été dépouillés de ce qui pouvait servir aux habitations : meubles, frigos, tôles ondulées, bois, lavabo, WC … Et vers 2010, l’armée est revenue nettoyer les terrains qu’elle avait occupés, c’est à dire tout raser sauf quelques habitations.  Et le reste est resté en plan

Quoi qu’il en soit seuls l’aéroport, la petite centrale électrique au mazout et quelques bâtiments/maisons sont aujourd’hui utilisés.

Plus de 25 ans après l’âge d’or de Hao, nous arrivons sur les lieux le 16 décembre 2020 à 15h. Mais qu’est devenu cet atoll qui a tout perdu du jour au lendemain ? Nous allons le découvrir… Nous slalomons quelques instants autour des patates en direction du quai pour finalement jeter l’ancre dans le sable du lagon. Le capitaine préfère ne pas prendre de risque, nous verrons plus tard s’il est possible de s’amarrer au ponton.

Au loin, des rires d’enfants nous arrivent comme une invitation envoûtante. Le lagon est d’un turquoise éblouissant….A bord de SeaCroods, on aperçoit une éolienne, des petites maisons avec des toits couleur rouge brique, une petite place où quelques personnes discutent, des maisons éparpillées. Quelques rares voitures circulent et même un bus dis donc !  Hao n’a rien d’une ville fantôme. Il y a aussi un éclairage public ! J’adore ce moment magique où tous nos sens sont au taquet. On se fait déjà une première impression des lieux.

Moi qui n’ai connu toute ma vie

Que le ciel du Nord

J’aimerais débarbouiller ce gris

En virant de bord.

(Charles Aznavour)

 Le lendemain, nous sautons dans l’annexe de bonne heure. Aujourd’hui, pas de cours, c’est visite et ravitaillement. Wheyyy !

Nous arrivons sur la place du village Otepa devant la mairie. Un beau bâtiment bien entretenu et climatisé s’il vous plait ! La poste, juste à sa gauche, possède un distributeur automatique de billets tout neuf installé il y a un mois. Un privilège pour un atoll! Force est de reconnaitre que Hao fait tout pour renaître de ses cendres. Il y a quelques années, un wifi 4 g (fibre optique tirée depuis Hawai) a été installé et mis à la disposition des habitants. La mairie l’allume entre 16h et 20h et nous en profitons depuis le bateau. C’est un plus pour les écoles, une ouverture sur le monde. Hao possède une école primaire et un collège.

Sur ce petit bout de corail de 1200 habitants, 2 voitures de pompier flambantes neuves, astiquées quotidiennement, attendent l’incendie pour sortir. Or, ce n’est pas monnaie courante ici ! Je suis mauvaise langue, j’imagine qu’ils ont beaucoup d’autres tâches à accomplir !  Il y a aussi un commissariat de police et une gendarmerie où nous prenons le temps de nous présenter.

Certains habitants vivent encore dans des maisons minimalistes, souvent en tôle et bois contre-plaqué. 4 ou 5 familles possèdent un ancien logement datant du CEP (la cuisine du personnel, la maison de l’amiral, …). D’autres, vivent dans des maisons OPH (proposées par l’Office Polynésien de l’Habitat), des constructions plus solides, en dur et surélevées que l’état propose aux familles à revenus limités, moyennant un apport personnel de allant de 1500 € à 2000 € selon le nombre de chambres.

 

 

L’eau de pluie est récoltée dans les foyers à des fins ménagères et alimentaires.

Un collège rassemble les étudiants de plus de 11 ans de Hao et aussi des atolls environnants qui ne sont plus obligés de migrer à Tahiti ! Beaucoup d’îles n’ont pas de collège. De ce fait, les enfants de plus de 11 ans doivent quitter leur famille durant la période scolaire. Certains ne reviennent que pour les vacances d’au moins 2 semaines (pour certains élèves il faut 5 jours de bateau pour rejoindre leur atoll…). Par contre, il n’y a pas de lycée ce qui oblige les collégiens dès la fin de 3ième secondaire d’aller à Tahiti chez de la famille ou au pensionnat.

En Polynésie, les enfants dont les parents sont absents, sont pris en charge par la famille, les sœurs, les oncles, les tantes… Il y a pas mal de couples recomposés. L’arbre généalogique est souvent compliqué ! Certains de ces enfants sont en manque de stabilité, ballottés entre plusieurs foyers, élevés par tout le monde et personne à la fois. Mais cela tisse aussi des liens très forts entre eux. 

 

Cet atoll a un petit quelque chose que les autres n’ont pas…. Chaque regard est sincère, chaque bonjour est enveloppé de douceur. Nous fondons littéralement devant la chaleur des habitants. Nous avons trouvé un petit coin de paradis ! S’arrêter, découvrir la culture et vivre au rythme des locaux est un privilège.

Le soleil donne… la même couleur aux gens! Enfin, presque!

Une semaine plus tard, nous nous mettons à l’abri au Nord, à l’ancien port militaire, à côté de l’aéroport. C’est vraiment désert de ce côté. C’est là que nous fêtons notre deuxième Noël sur l’eau, au milieu de nulle part. Il n’y a pas un chat, quelques rats et  quelques rares avions.

Le soir de Noël, tout le monde s’y met pour préparer le repas. Les enfants font les zakouski, Sofiène le repas et moi, le dessert. Ensuite, il y a  une distribution de cadeaux. Heureusement que la petite supérette “Otepa” avait quelques jouets en rayon pour agrémenter la fête.

Nous apprécions être amarré plutôt qu’à l’ancre car cela permet aux enfants de se dégourdir les jambes plus facilement. Ils dessinent à la craie sur le sol en béton, font des baladent sur le platier, pêchent, se baignent en toute insouciance. Enfin, jusqu’au jour où un requin Tigre de 4 mètres est venu nous saluer à un mètre du bateau !

Quelques familles viennent passer la journée, des enfants montent à bord. Les locaux sont curieux de nous rencontrer et inversement.

Nos matelots trépignent d’impatience, ils veulent aller à l’école ! Pour l’instant, ce sont les vacances de Noël mais le 6 janvier c’est la rentrée. En Polynésie, les écoles accueillent tous les enfants de passage. Je dois avouer que cette idée m’enchante. Notre petite routine commence à me peser. Surtout les cours du matin qui me pompent de l’énergie. J’ai besoin de vivre autre chose, voir d’autres personnes, de souffler, d’avoir du temps pour moi et surtout en peu de silence… Sofiène aussi je pense, mais il ne se plaint jamais!  ha les hommes…

Sans la Covid, nous serions bien plus loin dans notre tour. Mais finalement,  les escales plus longues sont les bienvenues!

Nous déplacions SeaCroods autour de l’atoll en fonction des intempéries.

 

Quoi, tu me cherches?

Du coté “océan”, on retrouve pas mal de déchets rejeté par la mer. Nous faisons régulièrement des opérations de nettoyage!

Qui a eu cette idée folle d’un jour inventer l’école?

Jamais une rentrée des classes n’aura été aussi excitante. Hier, le bateau tanguait de joie durant les préparatifs. Il a fallu trouver des vêtements convenables sans tache ni trou, un cartable pour chacun, une trousse, des boîtes pour les goûters, des bouteilles d’eau. Seacroods était sens dessus dessous. Et pour une fois, ça me faisait sourire !

Nous avons interrogé des jeunes pour savoir à quelle heure passait LE bus en direction du Collège et à chaque fois, nous avons eu une réponse différente “entre 5h15 du matin et 6h10″. Une ado m’a même répondu :

« Je ne sais pas l’heure il passe mais c’est très simple : tu te lèves, tu bois ton café, mange un petit truc et tu te diriges vers l’église où le bus va passer »

C’est le jour de la rentrée, tout le monde est au taquet de bonne heure. Nous rejoignons le petit port en annexe très tôt pour ne pas rater le bus qui, finalement, ne passera pas car il est en panne.

Sofiène et Naèl vont à pied au collège. Et moi, j’emmène Lynn et Ilian à l’école primaire. Nous sommes une heure trop tôt mais ce n’est pas grave, nous y sommes ! Je me vois déjà en train de lire tranquillou ou de coudre pendant que les mouss sont assis sur les bancs. Je souris déjà à cette idée… Ce n’est pas toujours facile la vie en autarcie. Après un moment, il est agréable de se séparer pour mieux se retrouver !

A 7h20, l’école ouvrent ses portes, nous rencontrons la directrice. Elle nous reçoit très courtoisement. Elle a besoin de deux documents pour accueillir les enfants dans son établissement : un certificat médical et un extrait d’acte de naissance. Mon cœur se serre. Je n’ai pas d’extraits d’acte de naissance, ni de livret de famille à bord ! Il faut que je fasse la demande par Internet et ça risque de prendre du temps…

Elle me rassure en me disant que je peux tout aussi bien demander à la mairie un certificat de résidence à Hao. Ouf… Elle nous quitte pour rejoindre sa classe et nous sortons de l’école en direction du dispensaire, juste à côté. Après 4 heures d’attente, nous rencontrons la jeune médecin, Clarisse qui voyage en catamaran avec son ami, médecin également. Elle a besoin des carnets de vaccinations. Heureusement, j’avais pris des photos des livrets de santé avec les dates de vaccination. Mais elles sont sur le bateau… Je reviendrai les porter demain. Ensuite, nous courons à la mairie pour demander les certificats de résidence. Nous y retrouvons Sofiène et Naèl. La 4ème adjointe au maire, Francine, nous reçoit comme des ministres, avec tasse de café et corn flakes pour les enfants. Et nous ressortons avec les fameux documents. Les enfants sont officiellement résidents de l’atoll de Hao !

Le soir, Clarisse, qui a consulté les carnets de vaccination durant l’après-midi, nous informe par téléphone qu’Ilian doit recevoir un rappel de vaccin… Le mardi, 7h30, nous sommes plantés devant le dispensaire à l’ouverture des portes. Et à 8 heures, nous allons à l’école, presqu’en courant tellement l’impatience est grande. La directrice récupère les documents, mène les enfants dans leur classe respective, Lynn en 3ème maternelle et Ilian en CE2, ce qui équivaut à la 3ème primaire en Belgique. Mission réussie !

Me voilà, ressortant de l’école avec une sensation de légèreté. J’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose ou quelqu’un!

Mais où est Ilian?

Qu’on se le dise !

Petite note sur la porte des toilettes du dispensaire qui nous a fait sourire.

Naèl a de son côté commencé le collège. Pour lui, les formalités ont été plus simples, juste quelques documents à signer. Sofiène l’a accompagné les deux premiers jours pour se mettre en ordre administrativement. Il a rencontré les différents profs, des expatriés en majorités. Ils sont là pour une durée de 2 ans, renouvelable 2 ans. Quelques-uns sont accro de plongée sous-marine. Ils échangent leur numéro de téléphone. L’ambiance est sympa et décontractée. 

Naèl a eu très vite un vélo en prêt de son copain Brayan. Ils sont troooop gentils les Paumotus!!!

Quelques semaines ont passé depuis ce moment. Nous avons mis SeaCroods « à la darse ». C’est le nom que donnent les locaux au petit port datant du CEP, situé en dehors du village. Nous avons pris la place d’un catamaran qui est parti aux Gambiers, l’archipel où nous devrions être en ce moment si nous n’étions pas tombés amoureux de Hao !

Petit à petit, nous faisons la connaissance de plus en plus d’habitants. Il n’y a pas besoin de se présenter, tout le monde sait qui on est ! Tout se dit très vite, plus rapidement que les réseaux sociaux ! Il y a 3 superettes sur Hao qui ne sont pas ravitaillées par les mêmes cargos. Après chaque escale du Saint Xavier Maris Stella III, Nuku Hau ou Taporo 8, nous fonçons dans les magasins pour espérer ramener quelques produits frais à bord. L’alimentation équilibrée est un combat sur les îles… Il n’est pas rare de voir des jeunes manger un paquet de chips avec un soda en attendant le bus du matin…

Voici à quoi ressemble le rayon frais des supérettes… Ce n’est pas facile de manger équilibré tous les jours! Heureusement, nous connaissons un petit producteur de fruits et légumes, Joseph, qui nous vend régulièrement de la pota (épinards locaux), des courgettes, des potirons,des tomates et des papayes.

 

 

 

Du fromage fait “bateau” avec du lait en poudre et kéfir de lait… On essaie de varier les plaisir comme on peut! La vie sur un atoll nous oblige à être créatif.

Et de la glace…. trop bonne, faite de lait concentré et de crème fraîche.

Cuisiner avec le moins d’ingrédients possible est un challenge quotidien!

Merci PH 😉

En polynésie, les avocats sont XXL

La menace d’un ouragan ou d’un tsunami est omniprésente.Le 5 mars, une alerte tsunami et lancée sur la côte Est de Tahiti, Moorea et les Australes. Heureusement, le séisme fut sans gravité

Lynn est revenue un jour de l’école avec un dessin représentant son école submergée par de grosses vagues.

Amarré au ponton, nous sommes plus en sécurité que dans le lagon. La météo est parfois imprévisible, les vents changeants et la menace de percuter une patate de corail nous pend au nez si nous ne sommes pas vigilants.

Et puis, c’est plus sympa ici car les copains Paumotus peuvent venir jouer à côté du bateau. Au début, ils voulaient tous monter. Nous avons mis des règles, organisé des visites individuelles. Ils viennent souvent se baigner à la jupe de SeaCroods, empruntent nos masques et palmes en trop. Le paddle est souvent pris à l’abordage. Des rires entremêlés de ploufs nous éclaboussent. Que du bonheur !

Prenant la route qui mène

A mes rêves d’enfants

Sur des îles lointaines

Où rien n’est important

Que de vivre

(Charles Aznavour)

Et dire qu’ils ont le même âge!

La pêche est ici le passe temps favori des jeunes. C’est l’occasion de prendre des cours.

Pas de besoin de canne à pêche, juste un fil enroulé sur un bout de bois, un hameçon et un plomb ou à défaut, un caillou… Comme appât, ils utilisent des bernards l’ermite, du poisson ou encore un bout de poulet. 

Et pendant que les enfants sont à l‘école, Sofiène et moi, on s’envoie, non pas en l’air mais…. sous l’eau!

Naèl fait aussi ses premiers coups de palme en plongée sous marine.

Nous créons des liens, tissons notre toile sur Hao mais c’est nous qui sommes pris au piège...Plus les jours passent et plus il sera difficile de repartir… 

Nos mouss reviennent heureux de l’école. Ils nous racontent leur journée avant de plonger dans le lagon avec les copains jusqu’à la tombée de la nuit, vers 17h30. Quelle chance nous avons de vivre tous ces moments en famille...

Mathieu, le journaliste de l’atoll, ancien militaire formateur dans le bâtiment de part sa formation aux compagnons du devoir, réside depuis plus de  20 ans à Hao. Il est marié à une Paumotu et il nous a mis à l’honneur au travers d’un article très bien écrit sur le potentiel nautique de Hao. Avec quelques aménagements, ce lieu pourrait attirer  plus de plaisanciers et touristes cherchant à vivre une expérience authentique. Le tourisme ne semble pas une priorité pour les autorités en ce moment. C’est dommage.

La vie est rude sur un atoll et seuls quelques  privilégiés ont un travail à la police, la gendarmerie, à la poste, à la mairie, les écoles, supérettes, … Un grand pourcentage d’expatriés français enseignent au collège. 

Les locaux font du coprah, pêchent, bricolent. Quelques-uns ont un potager mais le manque de terre et d’eau de pluie compromet les récoltes … Je les admire car faire pousser des légumes dans ces conditions relève de l’exploit !

Le coprah produit en Polynésie est acheté en totalité par la SA Huilerie de Tahiti au prix de +/- 140 XPF le kilo (1,17 €). L’état subventionne 75% sans quoi le coprah serait vendu à 0,35 € le kilo; imaginez quel serait le manque à gagner pour les coprahculteurs.

Les Chinois ont un  projet de construction d’une immense ferme aquacole sur Hao mais le risque l’impact écologique risque d’être considérable…

L’article de Mathieu : 

Nous sommes passés aussi dans le journal télévisé tahitien, à la minute 16 !

Petite séance de wakeboard

Un  cross a été organisé par l’école primaire.

Un cross, super bien encadré!

Encore une fois, je n’arrive pas à mettre un point final à l’article du blog. Tout se bouscule, j’ai encore envie de vous garder avec nous  le temps de quelques photos…

Le David Hasselhoff du ponton!

ohhhh



Réalisation de bracelets en coquillages avec Mamoune et Deno.

A la journée de la femme.

Nous avons chacun reçu un collier en coquillage que nous porterons le jour de notre départ comme le veut la coutume.

Dans quelques mois SeaCroods sera mis en vente… Nous attendons la réouverture des frontières pour continuer vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande où le marché est plus demandeur.

Serez-vous le suivant?

Prenez soin de vous et à bientôt!

Ci-dessous le lien pour consultez notre chaine Youtube afin découvrir les nouvelles et les anciennes vidéos du Captain.

https://www.youtube.com/channel/UC5eEOUHMyyEfO_h-Hok6MPA/videos

This Post Has 2 Comments

  1. Temanua

    Waauw, fantastique! Vous avez trouver un petit paradis. C est une aventure inoubliable pour les enfants et vous. Bonne chance pour quitter cet endroit et de vendre votre maison flottante. Bises de Temanua! X

  2. Valérie

    Bonheur de vous lire, de vous suivre et de poursuivre cette aventure avec vous à distance.
    Curieuse de comprendre la suite de vos projets….Restez-vous sur cette atoll, ce paradis? Ai-je bien lu que vous vendez SeaCroods? Quelle est la suite de votre si jolie histoire?
    Ici, le cycle de la Vie est étrange, et nous trouvons de nouvelles façons d’aborder les événements, l’absurdie parfois de notre Belgique, et surtout, surtout, nous prenons de vous de savourer chaque jour, chaque moment, chaque instant…. Nous nous inspirons de votre joie pour créer la nôtre et voyager aussi, dans notre tête, notre coeur et notre vie!
    A bien vite 🙂

Leave a Reply